Après la Guerre (1918-1937) .
Une filiale du Chema Israël de Paris, la Jeunesse Juive de Mulhouse, un secteur dEclaireurs Israélites (1928) furent successivement créés. Une Société pour les Pauvres de passage, lEzrass Achim, se fondait (1927) . Les oeuvres déjà existantes reprenaient leur religieuse et philanthropique activité. En dehors de celles dont nous avons déjà parlé, citons: la Société des Dames, la Société des Vivres, la Hevra Hamitharim des messieurs et celle des dames, la Hevra Araunauss. Lorsque, en 1929, M. le Rabbin Jacob Kaplan fut appelé à diriger lun des Temples les plus importants de Paris, la Communauté de Mulhouse, prospère, connaissait une vie juive particulièrement intéressante.
En 1930, lHôpital Israélite était transporté dans une grande villa, au milieu dun parc magnifique,à proximité de Mulhouse, à Pfastatt. La même année, une souscription permettait de financer lérection dune "chapelle"israélite dons la crypte du Monument National de lHartmanswillerlcopf (Vieil-Armand), chapelle construite daprès les plans de MM. Danis et Patriarche, architectes des Monuments de l'Etat, avec la collaboration du rabbin de Mulhouse, qui, chaque année, y célèbre, avec les représentants des autres cultes, une cérémonie du Souvenir. En 1931, lAbri, grâce au dévouement des jeunes filles de la communauté que présidait Mme Camille Dreyfus, inaugurait son home denfants, dans la vallée de Wesserling, à Moosch. Un journal, "Kadimah", pendant cinq ans (1930-1935), stimulait lactivité générale. Des conférences organisées par le Chéma Israël, la Jeunesse Juive, puis par lUnion Juive de Mulhouse qui réunit les deux anciennes organisations; le travail des E.I.F.; un Cercle dEtudes (1934) pour jeunes gens, des cours pour enfants et jeunes gens jusquà lâge de 17 ans, qui sous la direction de cinq professeurs, réunissent aujourdhui près de 200 élèves hors des Etablissements scolaires officiels (1930), des offices pour la jeunesse des séances régulières dOneg Schabbat suivis par près de cent cinquante enfants de 10 à 15 ans, la réinstauration de lInitiation religieuse (1936), la création dune Loge des Bene-beriss (1932, les conférences de lOrganisation Sioniste, la fondation dune section mulhousienne de Ghaleï, société sioniste de dames (1935), témoignent de la diversité et de lardeur de la vie culturelle juive qui ne le cède plus en rien à la vie philanthropique de la Communauté Israélite de Mulhouse. Cette dernière fut particulièrement active lors des événements de 1933. Dès le mois davril, un foyer dAccueil et dAssistance, le premier en France, était institué pour héberger, soutenir et diriger les réfugiés dAllemagne, dont le nombre dépassait de façon presque permanente la centaine. Malgré la crise économique particulièrement dure à Mulhouse, des som mes considérables furent recueillies et dépensées, Surtout le dévouement personnel de beaucoup des membres de la Communauté, hommes et femmes, ne saurait être assez loué. Depuis 1935, le "Foyer" a disparu, mais son oeuvre est continuée par lEzrass Achim, réformée sur des bases élargies. Devant de telles possibilités daction, dans une Communauté à la jeunesse nombreuse, aux oeuvres si vivantes, et dont lactivité nest ici quà peine esquissée, il fallait un centre, une Maison commune. On y songeait depuis quelques années. Justement lancien Bain Rituel tombait en ruines. On se décida à construire une Maison de la Communauté où seraient réunis Bain Rituel et Centre Culturel. Cette maison, maintenant achevée, a été loeuvre de lannée 1937. Et déjà lon sétonne que si longtemps la communauté ait pu en être dépourvue. Les services rendus par cette Institution nouvelle sont considérables. Elle a permis tout particulièrement de centraliser, développer et stimuler lactivité de la jeunesse. Séances détudes, soirées récréatives, conférences, offices religieux, Oneg Schabbat sy succèdent à un rythme régulier. Une Bibliothèque y a trouvé place. Un journal pour la jeunesse, fait par des jeunes : "Itoneinou" (Notre Journal) y est entièrement composé par des jeunes. A lombre de la synagogue se développe ainsi une génération joyeuse et forte, une génération qui devra continuer lhistoire de la Communauté Israélite de Mulhouse et qui, dans les tristes temps que nous vivons, est notre consolation en même temps que notre espoir.
Nous tenons à témoigner ici notre reconnaissance à Messieurs M. Moeder et Werner, historiens érudits et archivistes de la Ville de Mulhouse, qui ont bien voulu nous assister de leurs conseils et qui ont accepté de revoir ce bref aperçu de l'Histoire des Juifs à Mulhouse.
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